bonjour Xavier,
aujourd'hui, la brume avait commencé léger, léger, quelques bandes longues, molles, assoupies le long de la coline, que j'ai pu découvrir en revenant de mon achat matinal du journal Libération, puis elle s'est réunie en une seule grande bouillie, entourant tout, et que, levant la tête de mon travail quotidien, j'ai surpris dans son oeuvre-c'est une façon de parler-de collage, parce qu'elle collerait ensemble tout ce qui est disjoint, mais également de confusion, parce qu'elle fondrait tout et rendrait peu commode le travail du regard qui PLANTE MON LOGICIEL, classifie, de même que la mémoire, finalement, dont nous nous sommes déjà entretenus, qui parlerait tantôt par une langue argentée, caressant les reliefs, entourant et soulignant les objets et les êtres, et qui un jour, sans que l'on s'en rende bien compte, déciderait que non, toutes ces séparations n'étaient qu'artificiel travail de l'intellect, et que le pré du voisin n'étant en rien différent de son mitoyen, les corps sont faits pour se perdre dans le sol, les arbres ne sont que des hachures malhabiles, qui voudraient donner de l'élan au ciel, quand ils ne font que retenir la terre, les bâtisses, à la tâche de tous les jours, seraient-elles déjà effondrées qui se cachent derrière cette suspension de l'eau, et si encore nous voulions rester dans un domaine que nous avons déjà abordé, celui des mémoires informatiques, qui laisseront un jour le non-souvenir d'une époque PASPRIS.COM
disparue dans la vitesse, comme un bolide finit par échapper au regard, parce que tout sera effacé d'elles , ce paysage, de mental devenant numérique, dernier inventaire avant la grande solde, dernier état avant le désastre, serait aussi celui d'une purée de chiffres dans le coffre-fort de nos disques durs, la grande confusion viendrait alors, comme ces molécules d'eau en désordre ne laissent plus rien ignorer de l'indétermination qui nous guette, les chiffres feraient déjà le pet, tapis dans nos ordinateurs, de cette mer étale, sans âge, sans y revenir, où bientôt ils nous aspireront sur leur surface blanche laiteuse, cette brume qui n'a plus de nom, sinon celui de l'au revoir.

, lucioles, sens interdits, laser arpentant le code-barre, déchirure-recouture dans le grand texte du monde,
, je cherche, il dit je cherche, mais sait-il ce qu'il cherche
, peut-être que des cailloux blancs sur une surface blanche ne seraient pas en lieu sûr,
, je suis perdu dans tout ce blanc,
, si per, si perdu,
Just click to see me
, ils m'ont poursuivi, depuis les faubourgs de la ville,
, m'ont pourchassé, m'ont débusqué, m'ont sorti de toutes mes cachettes,
, m'ont harcelé, m'ont sommé de le dire, et comme je ne savais pas quoi, m'ont commencé de frapper,
, et quoi, que voulez-vous, leur ai-je demandé, et comme eux non plus ne savaient pas, z'ont continué à me frapper,
, et comme ils m'avaient cassé les dents, et que pas une ne restait, je leur ai quand même dit, "vous ne me faites pas mal",
, et comme ils hésitaient sur la fin à me donner, et comme ils se querellaient sur lequel d'entre eux tous, je leur ai dit, "vous ne me faites pas mal",
, et comme ils se disputaient sur les coups à me porter, sur les insultes à me crier, je leur ai dit à nouveau, "vous ne me faites pas mal",
, vous ne faites pas mal, car je suis déjà mort,
car tout cela, on me l'a déjà fait, par l'absence, et par l'espace qui n'est plus occupé, le geste qui n'est plus trouvé, le regard qui n'est plus donné,